Aphasie [ Publications ]

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  • Les querelles sur l'aphasie ne datent pas d'hier et elles n'ont pas été pour un temps toujours explicites. On peut parler à cet égard de Lordat et de Gall-Broca, ainsi que de Dax et Bouillaud. Quelques mots sur Broca-Dax et Trousseau-Lordat seront aussit dits. Il sera ensuite brièvement discuté de la création de la Chaire de Charcot, qui a très fortement contribué (grâce au Maître, aux Maîtres et aux élèves) à la naissance de la neurologie, puis des sciences neurologiques, et ensuite des sciences neurocognitives. La suite traitera de la plus explicite des querelles aphasiologiques, celle qui a opposé, en 1908, au cours de trois réunions de la Société Française de Neurologie, Joseph Jules Dejerine et Pierre Marie. La bataille à l'épée et au Bois de Boulogne avait heureusement été annulée en 1893, mais, en 1908, le duel se fit par le biais de la parole. Fulgence Raymond prenait bientôt sa retraite. Dejerine et Pierre Marie proposèrent l'un et l'autre des thématiques à la Société. Celle de Dejerine fut acceptée par vote. La réunion du 11 juin, en accord avec le programme de Dejerine, s'en tint pour l'essentiel aux faits cliniques. Fulgence Raymond n'était pas présent. Dejerine parla toujours en premier, mais quelques-unes des réponses de Pierre Marie gagnèrent un certain assentiment dans la salle. C'est au cours de cette réunion qu'Achille Souques, le fondateur à venir de l'histoire de la neurologie, défendit avec beaucoup d'astuce les idées de Pierre Marie. Dejerine fut un peu plus tard sur la défensive et il accepta un changement de programme suggéré par Pierre Marie : il présenta alors ses idées sur la différence clinique manifeste entre l'aphasie de Broca et celle de Wernicke. Après Souques, Edouard Brissaud vint aussi à la rescousse de Pierre Marie en évoquant le cas Leborgne publié par Broca au printemps de 1861. Les choses étaient en suspens et André-Thomas -le fondateur à venir de la neuropédiatrie - vint avec beaucoup d'intelligence défendre les options de son Maître Dejerine. Gilbert Ballet et Ernest Dupré intervinrent dans l'ensemble du même côté. La réunion du 9 juillet (vingt-septième anniversaire de la Chaire de Charcot) fut axée sur l'anatomie cérébrale, et sur les « quadrilatères ». On revint au questionnaire de Dejerine. Accompagné de Georges Guillain, Fulgence Raymond était cette fois présent (mais il ne dit rien). La « star » fut alors Augusta Dejerine-Klumpke, née sur une dune de sable espagnole maintenant connue sous le nom de San Francisco, États-Unis. Madame Dejerine contesta la « zone lenticulaire » et lui donna une autre dimension en prouvant que sa partie antérodorsale comportait les axones associatifs et projectifs provenant de ou parvenant à l'aire de Broca, le reste du « quadrilatère de Pierre Marie » étant remis en question. Brissaud fut impressionné par la prestation de Madame Dejerine et Pierre Marie se trouva en position difficile. Son élève François Moutier, présent à sa demande, discuta de ses propres observations cliniques, puis, laissa entendre, à propos du cerveau de Lelong (automne 1861), que Broca avait donné des coups d'ongle en enlevant les méninges. André-Thomas et Georges Guillain participèrent à la discussion. Brissaud fut absent lors de la dernière rencontre, celle du 23 juillet. Fulgence Raymond était à nouveau présent mais son silence persista. On devait discuter seulement de « physiologie pathologique », mais plusieurs questions restées en suspens le 9 juillet refirent surface.

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Mécanismes de la récupération de l'aphasie et imagerie cérébrale.

  • La récupération de l'aphasie pourrait être sous-tendue par l'hémisphère droit ou les structures non-lésées de l'hémisphère gauche. Elle est liée à l'organisation prémorbide individuelle du langage et aux facultés d'apprentissage de novo du cerveau adulte. Cette revue de la littérature concerne l'impact des techniques d'imagerie cérébrale sur la compréhension de la récupération de l'aphasie. Le scanner a permis d'évaluer l'impact du volume et du siège lésionnel. Le volume lésionnel est un bon prédicteur global mais un mauvais prédicteur individuel de la sévérité de l'aphasie initiale et de la récupération ultérieure. Le siège lésionnel n'a pas la même influence sur la récupération de l'expression orale et de la compréhension. En ce qui concerne l'expression orale, il n'existe pas de consensus sur un site lésionnel critique unique, même si l'extension sous-corticale semble plus péjorative que l'extension corticale. En revanche, l'extension de la lésion du cortex temporal supérieur aurait une importance critique dans les possibilités de récupération de la compréhension. Les mesures du métabolisme cérébral au repos ont montré que la sévérité de l'aphasie dépendait beaucoup plus du degré de l'atteinte fonctionnelle des aires du langage de l'hémisphère gauche que du siège précis de la lésion. Ceci suggère que la récupération de l'aphasie pourrait dépendre de l'amélioration de ces anomalies dans les régions peri-lésionnelles de l'hémisphère gauche. Plus récemment, la technique des activations a permis de montrer l'importance des activations de l'hémisphère droit chez les aphasiques au cours d'épreuves verbales, mais leur rôle dans la récupération reste très débattu. II est vraisemblablement mineur, lié à l'organisation atypique de la latéralité du langage. II existe également des activations de l'hémisphère gauche chez les aphasiques. Elles sont souvent relocalisées dans des zones péri-lésionnelles et émergent de la plupart des études comme un facteur essentiel de la récupération aphasique.

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Troubles de la communication après régression d'une aphasie sous-corticale: disconnexion fronto-sous-corticale?

  • Introduction. La pragmatique étudie l'adaptation et la pertinence du langage conversationnel qui peuvent être perturbées même si les fonctions phonologique, syntaxique et sémantique envisagées isolément apparaissent normales. En neuropsychologie de l'adulte, les travaux déjà publiés s'intéressant aux désordres de la fonction pragmatique du langage ne concernent que des sujets ayant des lésions frontales. Méthodes. Nous rapportons le cas d'un patient droitier dont les troubles du langage initiaux réalisant un tableau d'aphasie dissidente en rapport avec un hématome capsulo-lenticulaire gauche se sont progressivement améliorés pour laisser place à des troubles du discours conversationnel qui ont été analysés selon des indices pragmatiques en situation d'interview libre ou dirigée. Résultats. Les résultats ont montré qu'il n'existait de différence entre les deux types d'interview que pour les seuls phénomènes de non-contingences significativement plus nombreux en interview dirigée. Une comparaison effectuée avec le discours de cinq sujets témoins confrontés à des situations identiques a mis en évidence des différences hautement significatives concernant les proximités lexicales originales, les phénomènes de non-contingences et les marqueurs de gêne absents du discours des témoins. Discussion et conclusion. Les troubles pragmatiques de la conversation remarqués notamment en situation d'interview dirigée chez ce patient ont pour certains auteurs été mis en relation avec l'existence d'un dysfonctionnement des fonctions exécutives décrit également dans cette observation. L'existence de difficultés pour s'adapter aux contraintes conversationnelles du contexte d'interview pourrait par conséquent également relever d'une disconnexion fronto-sous-corticale en rapport chez ce patient avec l'existence d'une lésion capsulo-lenticulaire gauche.

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Evolution à long terme d'une aphasie non fluente sévère. Intérêt d'une rééducation prolongée.

  • INTRODUCTION : L'évolution à long terme des aphasies est rarement rapporté, ainsi que l'intérêt de la rééducation prolongée. MATÉRIEL ET MÉTHODE : Il s'agit de la description détaillée d'une observation clinique, comprenant la sémiologie initiale, le suivi de l'évolution et les résultats à long terme. RÉSULTATS : L'observation décrit un homme jeune qui présentait une aphasie non fluente sévère secondaire à un accident ischémique fronto-temporal gauche. La récupération initiale spontanée ne portait que sur la compréhension orale. La prise en charge de rééducation fut débutée après 10 mois d'intervalle libre et permit une levée du mutisme. La rééducation fut prolongée et les progrès sur le langage oral spontané se poursuivirent au-delà de 6 ans, permettant un langage oral informatif. DISCUSSION : Le délai d'intervalle libre avant la mise en place de la rééducation permet d'écarter les progrès liés à la récupération spontanée et d'affirmer que la levée du mutisme est directement rapportée à la rééducation. De même, la poursuite les progrès sur plusieurs années peut être rapportée à la prise en charge prolongée en orthophonie. Nous discutons du rôle respectif de la durée de prise en charge versus la durée cumulée des séances de rééducation, le nombre de séances réalisées sur 3 ans pouvant être comparé au nombre des séances dans les rééducations intensives dont l'efficacité a été préalablement démontrée CONCLUSION : Cette observation est en faveur de l'intérêt de la rééducation prolongée de l'aphasie à distance de l'accident vasculaire cérébral.

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Particularités du variant logopénique au sein des aphasies progressives primaires

  • Le variant logopénique d’aphasie progressive primaire est caractérisé par des spécificités linguistiques et neuropsychologiques, notamment une atteinte de la boucle phonologique. La classification repose essentiellement sur des critères linguistiques et l’exclusion des autres variants (sémantique et non fluent/agrammatique). Ce syndrome est parfois sous-diagnostiqué : (1) les troubles du langage restant subtils en début de maladie, (2) pris pour un trouble amnésique car l’évaluation mnésique repose souvent sur du matériel langagier, (3) mis sur le compte de la co-morbidité anxieuse. Les anomalies cérébrales diffèrent des autres variants. L’atteinte débute au carrefour pariétotemporal. La neuropathologie et les biomarqueurs retrouvent une neuropathologie de maladie d’Alzheimer dans 50 à 100 % des cas. Ce variant de l’aphasie progressive primaire se place ainsi hors du cadre des dégénérescences lobaires frontotemporales contrairement aux deux autres variants. Ces particularités justifient l’intérêt de son diagnostic, de sa classification et la recherche de l’étiologie sous-jacente la plus probable par l’usage des biomarqueurs. Son évolution est souvent rapide et nécessite une prise en charge orthophonique adaptée. Ce syndrome doit faire l’objet d’études complémentaires afin d’affiner son repérage en pratique clinique quotidienne, ses critères diagnostiques, de connaître son épidémiologie, et de comprendre les mécanismes qui en sont à l’origine.

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Les approches thérapeutiques non pharmacologiques des troubles du langage dans les variantes agrammatique et logopénique de l’aphasie progressive primaire : revue de la littérature

  • Cette revue de la littérature rapporte les études relatives aux traitements comportementaux des troubles du langage dans l'aphasie progressive primaire, une maladie neuro-dégénérative principalement caractérisée par la présence isolée de troubles du langage expressif pendant les deux premières années de la maladie. Elle aborde plus spécifiquement les approches thérapeutiques comportementales ainsi que les moyens de suppléance à la communication proposés dans la littérature scientifique pour les variantes agrammatique et logopénique de l'aphasie progressive primaire. Plusieurs études montrent l'efficacité des interventions thérapeutiques, mais le maintien des acquis et la généralisation aux habiletés langagières non-traitées varient toutefois d'une étude à l'autre. D'autres études sont nécessaires pour établir l'efficacité de méthodes thérapeutiques adaptées aux troubles du langage et de la communication dans cette maladie et notamment des approches plus écologiques, centrées sur les besoins spécifiques des personnes qui en sont affectées.

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L’aphasie du sujet âgé

  • L'aphasie est un trouble fréquent chez le sujet âgé. Elle est le plus souvent secondaire à des lésions vasculaires ou neurodégénératives. Il est possible de rencontrer chez les sujets âgés des tableaux aphasiques isolés dont le diagnostic et la prise en charge sont les mêmes que chez des sujets plus jeunes. Souvent néanmoins, l'évaluation et la caractérisation sémiologique des troubles sont difficiles en raison de la présence de symptômes associés non linguistiques (troubles attentionnels et dysexécutifs, troubles sensoriels, troubles thymiques, troubles comportementaux), de la fatigabilité des patients et de la plus grande fréquence des troubles de compréhension. Le diagnostic positif et étiologique est en conséquence rendu plus ardu. Il est alors nécessaire de s'aider d'une évaluation orthophonique et neuropsychologique précise, d'une évaluation neuropsychiatrique et des moyens d'imagerie appropriés (l'IRM tient une place de choix). Il importe aussi de bien connaître la sémiologie aphasique et les différents tableaux aphasiques rencontrés après une lésion vasculaire et dans le cadre des affections neurodégénératives, Alzheimer et apparentées. Une prise en charge doit être proposée même chez des patients très âgés, dans la mesure où le trouble du langage perturbe la communication. Néanmoins, cette prise en charge est souvent limitée en raison de symptômes associés.

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Les troubles du langage dans les principales formes de démence et dans les aphasies primaires progressives : mise à jour à la lumière des nouveaux critères diagnostiques

  • Dans cet article, nous présentons les données récentes sur les troubles du langage oral et écrit dans les formes les plus fréquentes de démence, soit la maladie d'Alzheimer et la démence à corps de Lewy, ainsi que dans le déficit cognitif vasculaire. Les caractéristiques linguistiques des variantes non-fluente/agrammatique, sémantique et logopénique de l'aphasie primaire progressive sont également présentées. Comme c'est aussi le cas pour plusieurs autres fonctions cognitives, ces différentes données démontrent que le langage est vulnérable au vieillissement pathologique et qu'il est donc fréquemment affecté dans les maladies neurodégénératives. Dans certaines de celles-ci, les troubles du langage sont la conséquence directe d'une atteinte des processus linguistiques. Dans d'autres, ils résultent plutôt de déficits affectant la mémoire de travail et/ou les fonctions exécutives.

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Diagnostic d'une aphasie progressive primaire non-fluente en pratique clinique courante.

  • À leur début, aphasie progressive primaire et maladie d'Alzheimer (MA) peuvent être difficiles à distinguer l'une de l'autre. Des tests neuropsychologiques simples peuvent néanmoins les différencier. Neuf patients souffrant d'aphasie progressive primaire non-fluente (APPNF) et 76 de MA, à MMS comparables, ainsi que 58 témoins appariés ont été évalués au moyen de tests simples: MMS, fluences, gestes, dénomination, empans digitaux, « fable du lion », test des cinq mots. Les APPNF étaient significativement moins performantes que les MA en dénomination et fluence catégorielle alors qu'elles avaient un meilleur rappel différé des cinq mots et de la « fable du lion ». Par rapport aux MA, les valeurs aux items de langage du MMS étaient inférieures dans les APPNF, alors que celles de l'orientation temporelle et du rappel des mots étaient supérieures. Ainsi, à MMS comparables, les APPNF éprouvent significativement, même avec des tests simples, davantage de difficultés langagières lexico-sémantiques mais ont une meilleure mémoire verbale différée que des MA. Ceci confirme aisément la fragilité langagière des APPNF par rapport aux troubles mnésiques de la MA, même à des stades très légers de ces affections.

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Différentes modalités cliniques des aphasies dégénératives.

  • Les auteurs rapportent 3 cas d'aphasie lentement progressive: une aphasie anomique, une surdité verbale pure et une aphasie de Broca. Les examens pyschométriques avaient parfois révélé une atteinte plus diffuse des fonctions cognitives mais les patients poursuivirent leurs activités professionnelles sans syndrome démentiel pendant plusieurs années. Scanner X et imagerie par résonance magnétique objectivaient une atrophie périsylvienne gauche. Dans un cas, la tomographie par émission de positons révélait un hypométabolisme. Le syndrome d'aphasie progressive, sans démence ou avec démence tardive, correspond à une atteinte sélective d'origine dégénérative des aires du langage de l'hémisphère dominant. Malgré la prédominance des aphasies anomiques et de l'atteinte de la composante sémantique du langage. Les cas de la littérature et les nôtres confirment le polymorphisme des troubles du langage. Ce syndrome n'a pas d'individualisation nosologique exacte, car les rares examens neuropathologiques ont révélé plusieurs types de lésions focalisées: Pick, Alzheimer ou gliose aspécifique.

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Recommandations consensuelles pour la description de trois variantes de l’aphasie primaire progressive : limites et controverses quant aux troubles du langage

  • Des recommandations consensuelles donnant une description des critères permettant de poser le diagnostic des trois variantes d’aphasie primaire progressive (APP) ont été publiées en 2011. Depuis leur publication, ces recommandations ont fait l’objet de critiques qui ont récemment mené à la proposition de leur révision. Cet article propose une description des ensembles de critères qui ont précédé les recommandations consensuelles utilisées actuellement, ainsi qu’un état de la question quant aux différentes limites et controverses entourant la description du profil langagier des trois variantes d’APP. Ces controverses seront examinées sous l’angle de la description des manifestations centrales de chaque variante, de leur diagnostic différentiel, des liens entre les différentes entités cliniques et leur pathologie sous-jacente, ainsi que de l’évolution des profils langagiers. Enfin, cet article propose des perspectives quant à l’évaluation du langage dans les APP qui ont plusieurs implications pour la pratique clinique et la recherche.

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Imagerie fonctionnelle cérébrale et prise en charge thérapeutique de l’aphasie : orthophonie et stimulation magnétique transcrânienne répétitive

  • L’imagerie fonctionnelle permet d’analyser l’impact organique d’un traitement de l’aphasie par la modification du réseau neuro-linguistique activé. À la suite d’une prise en charge rééducative pour une aphasie vasculaire, les travaux publiés montrent que les activations peuvent se localiser au sein du cortex périlésionnel gauche ou plus à distance, jusqu’aux aires homologues droites. Cette localisation dépend, bien entendu, de la topographie lésionnelle propre à chaque patient et du type de rééducation orthophonique réalisée mais aussi du réseau neuronal pré-morbide épargné et de sa réorganisation, don’t la variabilité inter-individuelle est majeure. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) se révèle être un outil capable de moduler l’activité corticale. Bien que son utilité thérapeutique n’ait pas encore été démontrée, cette technique pourrait devenir un traitement adjuvant de l’aphasie, en complément de la rééducation orthophonique.

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Aphasie croisée avec jargonagraphie chez un droitier.

  • Les auteurs rapportent un cas d'aphasie croisée avec jargonagraphie chez un patient de 48 ans monolingue, hypertendu, droitier, sans antécédent familial de gaucherie ou d'ambidextrie ni antécédent de lésion cérébrale. Il présente en outre une hémiplégie gauche à prédominance brachio-faciale, une héminégligence gauche, une hémianopsie latérale homonyme gauche, une extinction sensitive gauche à la suite d'un hématome temporo-insulo-pariétal droit. La sémiologie aphasique se caractérise par un langage oral réduit quantitativement et qualitativement avec des persévérations, des paraphasies phonémiques. Le langage écrit est un véritable jargon riche en néoformes avec des productions incontrôlées. Bien que ce patient n'ait aucun trouble de la réalisation des signes graphiques, la production écrite n'a plus de rapport avec l'ensemble fonctionnel de la sémantique et de l'organisation phonologique. Cette observation remet en cause d'une part les relations entre latéralisation cérébrale des fonctions du langage et préférence manuelle et d'autre part les similitudes faites entre l'aphasie de l'enfant et l'aphasie croisée des droitiers.

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Les aphasies progressives primaires : aspects cliniques

  • L'aphasie progressive primaire (APP) ou syndrome de Mesulam est caractérisée par la survenue insidieuse et l'aggravation progressive sur plusieurs années de troubles du langage de nature aphasique chez des patients âgés de 45 à 70 ans. La classification la plus pertinente distingue une forme non fluente (anomie avec réduction du langage, sans troubles de compréhension) et une forme fluente (anomie avec discours fluide et troubles de la compréhension des mots isolés), souvent assimilée à la démence sémantique bien que certains cas peuvent en être distingués. L'évolution se fait vers un mutisme et un tableau démentiel le plus souvent de type frontal. L'APP est sous-tendue par des lésions neurodégénératives siégeant principalement dans les régions périsylviennes gauches. Dans deux tiers des cas, des lésions différentes de celles de la maladie d'Alzheimer sont observées (inclusions tau positives dans l'APP non fluente, inclusions de type maladie du motoneurone dans les APP fluentes). Dans le tiers restant les lésions sont de type Alzheimer.

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Aphasie acquise de l'enfant avec épilepsie (syndrome de Landau-Kleffner). Réflexions à propos d'une observation durant un an.

  • Les auteurs rapportent un cas de syndrome de Landau-Kleffner chez un enfant de 6 ans. Cette affection de l'enfance est caractérisée par une aphasie acquise associée à un EEG de nuit présentant des paroxysmes de pointes-ondes plurifocaux. Le tableau psychiatrique peut aller de troubles modérés du comportement, à une désorganisation psychique d'allure psychotique. Les crises épileptiques sont présentes dans 50 à 80 % des cas et disparaissent le plus souvent à la puberté. Le traitement, en l'absence d'étude contrôlée, devrait associer un antiépileptique, une corticothérapie et une rééducation orthophonique. L'évolution du trouble du langage est variable, mais le plus souvent la récupération est incomplète. Dans le cas décrit, après un an et demi de suivi thérapeutique, I'EEG de nuit est redevenu normal, les troubles graves du comportement ont disparu, mais un langage simple et adapté est réapparu.

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Aphasie de conduction par trouble phonémique.

  • L'aphasie de conduction est classiquement caractérisée par un trouble de la répétition mais cette définition restrictive ne permet pas de reconnaître la sémiologie en clinique ni d'en expliquer le mécanisme physiologique. Un cas particulièrement exemplaire est rapporté. Le patient associait un trouble du langage spontané, de la dénomination, de la répétition et de la lecture à haute voix, caractérisé par des paraphasies phonémiques, sans trouble arthrique ni trouble de la compréhension orale et écrite. Une lésion du gyrus supra marginalis et de l'aire de Wernicke fut retrouvée en IRM. L'analyse en référence à un modèle cognitif permettait d'évoquer une atteinte du buffer phonologique, associée à un trouble de la mémoire de travail. La rééducation associait la méthode des codes relais à un travail phonologique et sémantique. L'évolution de ce patient fut favorable permettant une reprise partielle de l'activité professionnelle.

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Apraxie et autotopoagnosie sans aphasie ni agraphie, mais avec activité compulsive de langage, au cours d'une lésion hémisphérique droite.

  • Une femme de 74 ans, atteinte d'une hémiplégie gauche par infarctus dans le territoire de l'artère cérébrale moyenne droite, avait une sévère apraxie, une autotopoagnosie, et une négligence visuo-spatiale gauche. En revanche, elle n'était ni aphasique ni agraphique. Les tentatives d'exécution sur ordre de gestes ou de dessins entraînaient de façon compulsive une production de langage, oral ou écrit. La notion d'une préférence manuelle ambiguë, et la répartition cérèbrale fonctionnelle inhabituelle, avec dominance pour le langage à gauche et dominance pour le geste volontaire à droite, conduisent à interpréter les anomalies neuro-psychologiques en fonction d'une compétition inter-hémispherique.

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Les potentiels évoqués auditifs précoces, de latence moyenne et tardifs dans un cas d'aphasie acquise-épilepsie (syndrome de Landau-Kleffner).

  • Les auteurs rapportent l'observation d'une jeune fille, dont le développement est normal, qui a présenté à l'âge de 11 ans, une crise convulsive tonico-clonique brachio-faciale suivie d'une perte du langage et d'une agnosie auditive. Le diagnostic du syndrome de Landau-Kleffner est retenu sur les éléments électrocliniques. L'étude des potentiels évoqués auditifs a permis de conclure à un fonctionnement normal de l'oreille et des relais auditifs du tronc cérébral. En revanche, une baisse de l'amplitude des composantes intermédiaires et tardives corticales est observée. Les relations entre ces anomalies électrophysiologiques et l'agnosie auditive sont discutées.

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Aphasie croisée révélée par un trouble central de l'audition.

  • Une femme de 80 ans, droitière, ressentit brutalement l'impression d'être sourde. Elle présentait une aphasie s'apparentant à une aphasie transcorticale sensorielle. L'IRM révéla un infarctus temporo-pariétal droit unique. Les critères diagnostiques d'aphasie croisée (Joanette et al., 1982) étaient présents. Il n'y avait pas d'atteinte auditive périphérique ni sensorielle, ni d'agnosie auditive non verbale. L'aphasie régressa en partie. Un déficit auditif subjectif de l'oreille gauche persista. Le bilan d'intégration auditive mit en évidence une hémianacousie droite : extinction de l'oreille gauche en écoute dichotique, réduction d'amplitude des potentiels évoqués auditifs corticaux droits.

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Activation du débit sanguin cérébral droit par le langage après une aphasie globale.

  • Un patient de 39 ans a brusquement présenté une aphasie globale. Après 6 ans d'évolution, il persistait une atteinte légère de l'articulation et de la compréhension. L'étude des débits sanguins cérébraux montra que a) lors des activations verbales, le débit augmentait dans l'hémisphère droit et diminuait dans les aires périlésionnelles de l'hémisphère gauche, b) l'activation était globalement plus marquée que chez les témoins. Ces données suggèrent que l'hémisphère droit joue un rôle important dans la récupération du langage en cas de lésion hémisphérique gauche sévère.

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